Manoir d’Ango



Joyau de la Renaissance italienne en Pays normand - XVIe siècle


« La plus belle demeure de Normandie »






Varengeville-sur-Mer 76119 à 8 km à l’ouest de Dieppe


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  Historique

JEHAN ANGO

Jehan Ango ou Jean Ango est né à Dieppe en 1480.
L'activité privée de Jean Ango allie commerce maritime régulier et course contre les Espagnols et les Portugais
Ango, qui a été autorisé à armer ses propres navires pour la guerre, aide François Ier dans sa lutte contre Charles Quint et contre l'Angleterre, il contribue à payer la rançon du roi de France fait prisonnier à Pavie (1525). François Ier le fait gouverneur de Dieppe. En outre, il est conseiller du roi pour les affaires maritimes et développe les ports de Rouen, de Honfleur et du Havre.

Mécène, Jean Ango s’entoure d’architectes et d’artistes, italiens surtout.

En 1525, il fait construire face au quai sa maison de Dieppe, qu’il baptise “La Pensée”, archétype de

l’ancienne maison normande revue par la Renaissance Italienne : tout en bois sculpté et doré, elle suscite l’admiration de tous.

Le “Médicis dieppois” achète à la famille de Longueil la terre de Varengeville. Entre 1530 et 1542, il y fait construire son château de Varengeville, sorte de palais d’été florentin pour lequel il utilisera beaucoup de matériaux locaux comme le grès, le silex, la brique, sur un domaine d’environ 5.000 hectares à l’origine.


À la mort de François Ier, tombé en disgrâce, il est un temps emprisonné (1549), mais il aide en 1550 au siège maritime de Boulogne.
Ango sait profiter des ressources royales: il est fermier du roi et organise pour le compte de ce dernier des explorations en direction de l'Afrique, de l'Amérique — en 1524, Giovanni Verrazano, capitaine de son navire la Dauphine, longe la côte est et découvre le site de la future New York.
Endetté, privé de son protecteur, le Roi de France, Ango meurt ruiné à Dieppe en 1551.

















De 1551 à nos jours


La veuve de Jehan Ango, Anne Guillebert, vend le domaine de Varengeville à Jacques de Bauquemare, filleul de l’armateur ; le château reviendra plus tard dans la famille Guillebert et connaîtra plusieurs propriétaires successifs.


Le domaine servira longtemps de ferme.



C’est en 1862 que le “Manoir d’Ango” est classé Monument Historique sur la liste établie par Prosper Mérimée, qui comprend, entre autres, le Louvre, Notre-Dame de Paris, Versailles, Chambord, Chenonceaux, etc.

De 1928 à 1976, il est la propriété de Monsieur et Madame Hugot-Gratry qui donnent une grande impulsion à la restauration du monument et de ses abords.

La région attire maintes artistes, peintres, écrivains et musiciens. C’est ainsi que Aragon et Breton séjournèrent au Manoir d'Ango.

Conservé par leur famille, le monument vient de faire l’objet d’importants travaux de restauration, ce qui a permis, après deux années de fermeture aux visites, sa réouverture au public le 1er août 2007.





Architecture


Les bâtiments se présentent comme un vaste rectangle approximatif : au sud la partie noble autour de la Cour d’Honneur, au nord, les communs.

La partie supérieure de l’aile sud, au-dessus de la loggia et des pièces de service, était une grande galerie de réception qui reliait les deux châtelets est et ouest.

Loggia et galerie étaient décorées de fresques d’artistes de l’École Italienne.

Au-dessus des voûtes d’entrée de l’aile est et tout au long de la façade sud sont sculptés de nombreux médaillons représentant François Ier, Ango, leurs épouses, etc., et on peut voir la salamandre, emblème de François Ier, sculptée dans les murs de l’aile Ouest.

L’accès au château se faisait, à l’est comme à l’ouest, par deux entrées voûtées, dont une piétonne : il ne reste plus qu’une entrée à l’Ouest, et la voûte piétonne côté Est a été murée.

La tour abritant un escalier en colimaçon permet l’accès au châtelet est et à la grande galerie.

La tradition rapporte que Jean Ango pouvait voir, du châtelet Est, entrer et sortir ses bateaux au large du port de Dieppe. L’examen topographique montre que c’était possible ; cela ne l’est plus à cause des nombreuses hêtraies actuelles.

La cour est dominée par un colombier célèbre : il contient 1.600 boulins, permettant

l’hébergement de 3.200 pigeons. Le droit de colombier étant un privilège de la noblesse, cela donne une idée de la puissance de Jean Ango. Avec sa toiture d’influence byzantine, son exceptionnelle charpente, ses décors géométriques polychromes, ce pigeonnier a inspiré de nombreux architectes et artistes.

Enfin, (légende ou réalité ?) un système de souterrains aurait relié le château de Varengeville, le château d’Arques-la-Bataille et celui de Dieppe.